Mister IAL'Observatoire
La lettre · N° 1

Les femmes utilisent plus l'IA que les hommes

Mardi 15 septembre 2026 · 6 minutes de lecture

Aux États-Unis, elles ont rattrapé les hommes en deux ans ; chez nos clients, elles les ont dépassés. Et aussi cette semaine : la dépense d'IA par salarié multipliée par cinq en trois ans, et la France devenue troisième pays utilisateur de Claude.

01 · États-Unis

La dépense d'IA par salarié a été multipliée par cinq en trois ans, petites entreprises en tête

Dépense médiane d'IA par salarié et par mois : petites entreprises de 5 $ à 23,23 $, moyennes de 1,78 $ à 9,32 $, grandes de 0,49 $ à 3,68 $, entre septembre 2023 et août 2026

Ramp est une plateforme américaine de cartes et de paiements d'entreprise. Son laboratoire d'économistes publie chaque mois le Ramp AI Index, construit sur les dépenses réelles de plus de 70 000 entreprises américaines : abonnements à des modèles et à des agents de code, jetons d'API, cloud GPU. En août 2026, l'entreprise médiane dépense en IA 23,23 $ par salarié et par mois quand elle est petite, 9,32 $ quand elle est moyenne, 3,68 $ quand elle est grande. En septembre 2023, c'était 5 $, 1,78 $ et 0,49 $.

La hausse est générale et elle accélère. Sur les douze derniers mois, la dépense par salarié a plus que doublé dans les trois catégories : +132 % pour les petites entreprises, +143 % pour les moyennes, +207 % pour les grandes. Ce sont les petites qui ont le plus augmenté en valeur, +18 $ par salarié et par mois, et l'écart avec les grandes s'est creusé : 4,50 $ en septembre 2023, près de 20 $ aujourd'hui.

Une médiane, pas une moyenne : la moitié des entreprises dépensent plus, l'autre moitié moins. À 23 $ par salarié, quand un abonnement coûte 20 à 25 $ par mois, la petite entreprise médiane achète à peu près un siège pour deux salariés. C'est un ordre de grandeur, pas une mesure : la dépense comprend aussi l'API et le GPU. Dans les grandes entreprises, 3,68 $ par salarié, c'est un siège pour dix : l'IA y reste réservée à une minorité, ou s'achète à des tarifs de volume.

À retenir
23 $ par salarié et par mois dans la petite entreprise américaine médiane, c'est à peu près un abonnement pour un salarié sur deux. Dans les grandes, 3,68 $ : un pour dix. L'IA s'achète d'abord là où la décision est courte.

Source : Ramp AI Index, août 2026, Ramp Economics Lab, données de paiement (cartes, factures) de plus de 70 000 entreprises américaines clientes de Ramp, septembre 2023 à août 2026. Fiabilité B (panel d'un éditeur).

02 · États-Unis · France

Les femmes ont rattrapé les hommes dans l'usage des chatbots, notamment sur ChatGPT

Part des adultes américains ayant déjà utilisé chaque chatbot, hommes et femmes, février 2026 : ChatGPT 44 % et 44 %, Gemini 29 % et 20 %, Copilot 22 % et 13 %, Meta AI 13 % et 15 %, Grok 11 % et 4 %, Claude 9 % et 4 %, Character.ai 4 % et 2 %

Aux États-Unis, 49 % des adultes ont déjà utilisé un chatbot d'IA en février 2026, contre 33 % en 2024 (Pew Research Center, 5 119 adultes). En deux ans, l'écart entre hommes et femmes est passé de 11 points, 39 % contre 28 %, à 3 points, 50 % contre 47 %. Sur l'usage quotidien, un décalage subsiste : 27 % des hommes, 20 % des femmes.

Le détail par outil précise le tableau. Sur ChatGPT, l'outil le plus utilisé, l'égalité est parfaite : 44 % des hommes, 44 % des femmes. Sur Meta AI, les femmes sont devant, 15 % contre 13 %. L'écart subsiste sur les autres outils, moins répandus : Gemini 29 % contre 20 %, Copilot 22 % contre 13 %, Grok 11 % contre 4 %, Claude 9 % contre 4 %.

Ce qui n'a pas convergé, c'est le bénéfice perçu : 35 % des hommes disent que les chatbots les aident dans leur productivité, 25 % des femmes. À usage presque égal, les femmes déclarent moins de gain.

Vu chez nos clients. Sur le Panel Mister IA, l'intensité d'usage de Claude, en messages par personne active, était légèrement inférieure chez les femmes en mars (−3 %), égale en avril, inférieure en mai (−5 %). Elles sont passées devant en juin (+13 %), en juillet (+26 %) et en août (+12 %).

À retenir
L'écart d'accès a disparu en deux ans ; l'écart de bénéfice perçu, non : 35 % des hommes se disent plus productifs, 25 % des femmes. Chez nos clients, les femmes envoient désormais plus de messages que les hommes. Le travail d'un DRH, c'est de faire reconnaître le gain, pas seulement d'ouvrir l'accès.

Sources : Pew Research Center, « The gender gap in AI », 17 juin 2026, American Trends Panel, 5 119 adultes américains interrogés du 17 au 23 février 2026. Données déclaratives. Fiabilité A. · Panel Mister IA, messages Claude par personne active, hommes et femmes, mars à août 2026, données mesurées, agrégées et anonymisées.

Le chiffre de la semaine
235caractères

C'est la longueur moyenne d'un message envoyé à Claude par les utilisateurs du Panel Mister IA en juillet 2026, soit une quarantaine de mots. Mars : 209 caractères, avril : 194, mai : 204, juin : 220, juillet : 235, +12 % en quatre mois. Un message plus long, c'est plus de contexte : ce que l'on demande, pour qui, sous quelle forme. Les utilisateurs apprennent à briefer l'IA, et c'est la première composante de notre score de qualité.

Source : Panel Mister IA, plus de 10 000 licences, messages Claude, mars à juillet 2026. Données mesurées, agrégées et anonymisées.
03 · France

La France est devenue le troisième pays utilisateur de Claude, mais un message sur deux y est personnel

Part de la France dans l'usage mondial de Claude.ai : 2,21 % en août 2025 (8e pays), 3,02 % en novembre 2025 (6e), 3,23 % en février 2026 (4e), 3,64 % en avril 2026 (3e), 3,95 % en mai 2026 (3e)

Anthropic publie, avec son Economic Index, des données d'usage réel de Claude.ai, classées automatiquement par pays et par type de tâche, en libre accès. En août 2025, la France pesait 2,2 % de l'usage mondial, huitième pays. En novembre, 3,0 %, sixième ; en février 2026, 3,2 %, quatrième ; en avril, 3,6 % ; en mai 2026, 3,95 %, troisième pays du monde derrière les États-Unis (20,2 %) et l'Inde (7,1 %), devant le Royaume-Uni (3,5 %). Rapporté à sa population en âge de travailler, la France utilise Claude 3,97 fois plus que sa part de la population mondiale ne le laisserait attendre ; les États-Unis sont à 3,87.

La nuance tient dans la répartition des usages. En France, en mai 2026, 48 % des conversations relèvent du personnel, 34 % du travail, 18 % des études. Dans le monde : 40 % de personnel, 46 % de travail, 16 % d'études. La part du travail en France a même reculé, de 39 % en avril à 34 % en mai. Ces chiffres ne couvrent que Claude.ai, les offres Free, Pro et Max : l'usage des entreprises par l'API, professionnel à 84 %, n'y figure pas.

La lecture pour un DSI : l'outil est déjà dans les mains des salariés, et il est entré par la maison avant d'entrer par le bureau. La France est en avance sur l'adoption individuelle et en retard sur l'usage professionnel encadré, ce qui est la définition même du shadow AI. C'est aussi une chance : des utilisateurs déjà formés par leur pratique personnelle, qu'il reste à équiper et à cadrer.

À retenir
La France pèse près de 4 % de l'usage mondial de Claude.ai, troisième pays derrière les États-Unis et l'Inde, avec un usage par habitant supérieur à celui des Américains. Mais un message sur deux y est personnel : l'IA est entrée par la maison avant d'entrer par le bureau.

Source : Anthropic Economic Index, jeux de données Hugging Face, éditions du 15 septembre 2025, du 15 janvier, du 24 mars et du 26 juin 2026 ; usage de Claude.ai (Free, Pro, Max), hors API ; parts de l'usage total, y compris usage non attribué. Fiabilité A.